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Aujourd’hui, le 26 août 2023 – Et Apollinaire immortalisa le pont Mirabeau

 

 

 

Immortelle poésie

de Gilles Kubitza, SPM 26 août 2023

 

 

Belle poésie, art oublié, parfois moqué

Tes rimes pourtant, nous ont tellement envoûtées

Déshabilleuse de l’âme

Jeteuse de charmes

Les plus grands noms, dans tes bras se sont offerts

Keats, Verlaine, Byron ou Apollinaire

Les mots dansent à ton contact

Amour ou détresse, rien ne reste intact

Tout est sublimé, tout est porté par ta musique

Ton art, ton rythme et ta force sont uniques

Belle poésie, art oublié, parfois moqué

Tu n’es que grâce, charme et volupté

Dans le chaos des temps à venir, ton esprit demeurera

Car la magie des mots choisis est de celle qui restera

 

 

 

Voici mon modeste hommage à la poésie, une entrée en matière s’imposait. La danse et la musique des mots au cœur de la poésie sont une chose rare qui s’est perdue dans les méandres du XXème siècle.

 

Si le poète contemporain existe encore, il n’est plus lu, il n’est plus écouté, il a été remplacé par le chanteur qui use encore des rimes et sonorités pour charmer les foules. Mais le poète diseur de vers est une espèce délaissée et abandonnée. Reste au monde les plus grands, ceux qui ont enchanté d’autres époques et qui ont donné une coloration différente à la langue et à l’art. Il nous reste leurs mots et l'admiration qu'ils suscitent.

 

La liste des talentueux poètes serait trop longue, mais aujourd’hui, en ce 26 août ayons une pensée pour Guillaume Apollinaire, né à Rome ce jour d’été de l’année 1880. Son œuvre est trop profonde pour être résumée, cela ne serait qu’un affront à la richesse des mots du grand poète disparu trop tôt à l’âge de 38 ans, emporté par la grippe espagnole qui toucha le monde au début du siècle dernier et fit mourir plus de 50 millions de personnes. La vie d’Apollinaire est courte mais riche, c’est une vie d’artiste, une vie d’aventurier de l’esprit, des lettres et de la chair. Il fréquentera Picasso et participera au lancement de sa carrière,  rencontrera le Douanier Rousseau dont il inspirera un tableau, sera le compagnon tumultueux de l’artiste peintre Marie Laurencin. Il sera journaliste à La Revue Blanche fondera ensuite sa propre revue Le Destin d'Esope , il sera critique d’art et donnera des conférences sur la poésie. Il écrira des œuvres érotiques et laissera au monde ses précieux poèmes. Il sera même entendu par la Police, soupçonné du fameux vol de la Joconde de 1911 au Louvre par un employé verrier du musée, l’italien Vincenzo Peruggia qui voulait rendre à l’Italie le fameux tableau qu’il croyait volé au pays latin…En Europe, et à Paris particulièrement où Apollinaire vécut, l’art était en ébullition en ce début de XXème siècle, tout se faisait, se créait à Paris. Apollinaire y vécut et il y mourra chez lui, au 202 boulevard Saint Germain dans le 6ème arrondissement de la capitale.

 

 

               

La muse inspirant le poète, Henri Rousseau, huile sur toile, 1909

 

 

 

Pour se souvenir encore un peu de lui, je vous propose de retrouver l’un de ses plus beaux poèmes, instant de grâce, moment de plénitude, flottons avec Apollinaire, sentons sa solitude et oublions un instant les tracas du monde…

 

 

 

 

 

Le Pont Mirabeau

de Guillaume Apollinaire, février 1912

 

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

 

 

              

                 

Apollinaire dans l'atelier de Picasso en 1912