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Aujourd'hui, le 14 février 2021 - Grease, entre nostalgie et néo-féminisme

 

En ce jour de Saint-Valentin, je fais encore un peu de place au cinéma dans mes chroniques, car le cinéma tient une grande place dans ma vie. Si je devais établir une liste de chefs-d’œuvre, ce que je tente difficilement parfois de faire, j’essayerai sans doute de trouver des films dans différents genres cinématographiques. Le fantastique et la science-fiction ont pris une part importante du marché de la production actuelle et personnellement, j’affectionne vraiment ces genres dans lesquels j’identifie de nombreuses pièces maîtresses du cinéma comme Mad Max II ou Contact qui me fascinent toujours autant après tant de visionnages… mais il est bon de rappeler qu’on peut s’émerveiller devant n’importe quel genre, tout cela n’est souvent qu’une histoire de mode. Aujourd’hui les super-héros enthousiasment les foules à tort ou à raison, hier les westerns remportaient l’adhésion d’un large public. C’est aujourd’hui devenu un genre en voie de disparation, j’en parlerai un jour, car c’est un sujet qui me tient à cœur. Mais en ce jour de Saint-Valentin, en ce jour anniversaire pour un film en particulier, je voudrais rallumer les projecteurs de la gloire sur un genre rare et en particulier sur une film qui commença par une comédie musicale sur Broadway…

 

Le 14 février 1972, à l’Eden Theater à Manhattan, après avoir été rôdé un an auparavant à Chicago, était lancée une comédie musicale qui marquera durablement son époque, emportant les spectateurs dans les années 50, au cœur d’un lycée, sur des airs inoubliables. Ce jour-là, Grease prenait son envol vers la gloire. La date était bien choisi, Grease c’est bien sûr une joyeuse comédie musicale mais c’est aussi plusieurs histoires d’amour et particulièrement celle des personnages de Danny Zuko et Sandy Olson. Le blouson noir chantant et la ravissante blonde au coeur pur vont s’aimer et se chamailler entre deux chansons pendant toute une année scolaire. Je n’ai jamais vu la moindre représentation sur scène de cette histoire, mais bien sûr, j'ai vu l’adaptation pour le cinéma, le film de 1978 que j’ai découvert bien plus tard lorsque j’étais sans doute jeune adolescent. On a de l’attirance ou non pour la comédie musicale, j’ai l’impression que cela s’apprend difficilement. J’ai grandi devant Le Magicien d’Oz, Top Hat, Chantons sous la pluie ou La mélodie du bonheur et découvert plus tard quelques perles comme Phantom of the Paradise, avec de tels chefs-d’œuvre, cela aide considérablement à apprécier le genre quand il offre de grands films aux partitions musicales enchanteresses qui pénètrent nos sens pour rarement les quitter par la suite. Je peux siffloter les principaux airs de ce genre cinématographique sans effort je pense. C’est évidemment un signe de réussite, nous en sommes tous là, quand un air est en nous, cela ne trompe pas, c’est qu’il y a du succès dans l’air et côté musical c’est bien le cas pour Grease. Qui pourrait avoir oublié le charismatique John Travolta dans son blouson noir recouvert du logo de son gang, les T-Birds ? Qui pourrait avoir oublié la blondeur candide d’Olivia Newton-John dans ses habits typiques des fifties américaines. Ce film de 1978 est une réussite et le public ne s’y trompa pas en le transforma en un phénomène culturel transgénérationnel. Tout y est réussi : la partition est superbe, les numéros de danse réussis, les couleurs et les costumes éclatants, c’est ce qu’on appelle une réussite, c’est ce que j’appelle une belle réussite dans son genre. Mais rien n’est éternel et les succès d’hier peuvent devenir les démons d’aujourd’hui…

 

C’est très récent, la polémique date de quelques jours seulement, mais suite à une rediffusion du film, les réseaux sociaux se sont emballés et Grease est devenu la cible de critiques très incisives de néo-féministes sur Twitter. Selon elles, le film serait misogyne, il irait même jusqu’à encourager le viol des adolescentes parce que lors d’une scène, le personne de Danny essaye d’embrasser et de caresser Sandy, alors qu’ils sont dans un drive-in pour commencer à flirter. Que soient rassurés ceux qui n’ont pas vu le film, Sandy sort simplement de la voiture sans avoir oublié de claquer violemment la portière sur les parties les plus intimes de son petit-ami…mais il semblerait que le film heurte aujourd'hui certaines sensibilités. L’actrice, Olivia Newton-John s’est exprimée ces derniers jours à propos de cette polémique, voici ce qu’elle a dit pour défendre clairement le film : «Je pense que dans ce cas particulier, les critiques sont un peu idiotes parce que le film a été tourné dans les années 1970, et se déroule dans les années 1950. C'est une pièce de théâtre, une comédie musicale, c'est amusant. C'est un film musical joyeux, qui n'est pas censé être pris au sérieux. Je pense que tout le monde prend tout trop au sérieux. Je pense que nous devons nous détendre un peu, et profiter des choses pour ce qu'elles sont.». En dépit de sa réponse sans équivoque, cela n’a pas suffit à éteindre le feu des critiques. Les accusations de misogynie que subit le film depuis quelques jours sont essentiellement basées sur la fin, là je suis obligé de dévoilé la révélation finale du film, attention spoiler! A la fin, Sandy change de look et adopte celui de Danny, ce qui est vécu par les néo-féministes qui s'en prennent au film comme une preuve de soumission de la femme sur l'homme, mais ce qu'elles oublient de regarder, c'est que c'est bien Danny qui par amour se soumet en premier, puisqu'il accepte de changer de look, d'être plus sage et de quitter son gang pour elle...il n'a pas à le faire puisque Sandy arrive et se présente à lui dans une tenue des plus sexy, mais le geste était bien là. Pour que chacun se fasse une idée, je vous invite à revoir ce film et, si vous vous s’y autorisez, si vous aimez les comédies musicales et si vous n’y voyez rien de malsain, à prendre un grand plaisir à découvrir ou redécouvrir Grease, immersion garantie dans les années 50, emporté dans le tourbillon des musiques et du divertissement de grande qualité qui tutoie de près les chefs-d’œuvre du cinéma.

 

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